III Le débat
politico-stratégique n’a pas lieu
«No one wants a rearmed, resurgent Japan, so we
are the cap on the bottle if you will»
- Général Henry Stackpole III.
Au début des années 90, l’opinion publique
américaine semblait encore dans son ensemble en faveur de la poursuite de
l’engagement militaire mondial, mais rien n’était joué. L’effritement de la
mince majorité d’appui populaire venait du fait que les dépenses exorbitantes
occasionnées par le réseau paraissaient difficilement justifiables en l’absence
de l’URSS (cf. note 52). Or, on a vu qu’à la faveur de plus large délibérations
portant sur la théorie des relations internationales, des stratégistes
ont graduellement reformulé cette justification: le maintien du réseau des
bases prévenait dorénavant la matérialisation du chaos militaire mondial, qui,
arguait-on, eût gravement compromis la sécurité de l’État. Dans ce qui suit,
on relèvera d’abord comment le personnel constitutionnellement habilité a
adopté cette vision des choses. Ensuite, on observera comment les timides
réactions des tenants de l’abstentionnisme face à cette prise de position par
les hautes instances de l’État furent soumises à un feu roulant de
contre-attaques dans les milieux théoriques. Enfin, on verra comment
l’effritement de l’appui populaire au maintien du réseau des bases s’est arrêté
durant cette période (v. 1992 - v. 2001).