b) Objections et réponses
La redéfinition de l’objet du déploiement
militaire mondial par les stratégistes et l’entérinement subséquent très
médiatisé de cette redéfinition par les décideurs constitutionnellement
habilités à trancher en cette matière (le Congrès et le Président, par lui-même
ou via son personnel), se traduisit par un arrêt de l’effritement de l’appui
populaire au maintien du réseau des bases. Le rapport se stabilisa dans la
proportion qu’il l’avait été sous la Guerre froide, c’est-à-dire 60% en faveur
de l’engagement et 40 % contre.
Vers le milieu des années 90, la cause semblait donc entendue. Dans l’après-URSS,
le réseau des bases resterait le garant des deux objectifs traditionnels de
l’État en matière de Défense, le maintien du libre commerce ainsi que la
protection physique du territoire national en face d’une agression.
Nous sommes frappés de constater le peu
d’opposition rencontré durant ces années par les partisans de la reconduction de
la stratégie militaire mondiale sur le plan de la réflexion théorique.
L’abstentionnisme, assis sur 40 % de l’opinion publique, a certes eu une
influence sur le plan politico-légal (cf. le Burdensharing Amendment, le
concept de «Responsability Sharing», etc., nous y reviendrons en fin de
chapitre), mais ne semble pas avoir réussi à monter une argumentation
stratégique abstraite soutenue ; les faibles tentatives articulées en ce sens
ayant elles-mêmes essuyé des contre-attaques aussi nourries que foudroyantes, et
cela, encore une fois, en provenance des horizons paradigmatiques les plus
variés. Pour que cette étude soit complète, il faut maintenant revenir dans le
champ de la théorie des relations internationales, afin de cartographier les
axes de cette déroute. Nous avons identifié deux fronts principaux, l’un
potentiel, l’autre actuel.
1 - La première bataille, devant opposer libéraux
«classiques» et néolibéraux (le terme «libéral» est entendu au sens qu’en donne
la théorie des relations internationales), se solde par un non-lieu. Les
libéraux sont habituellement désignés par leurs adversaires sous le nom
d’«idéalistes». Or, il y a deux types d’idéalisme au sein de ce courant. Le
premier, on l’a vu, qui est à l’origine de la première école de pensée en
théorie des relations internationales, a pour prémisse que l’établissement de la
paix internationale se fera par la progression pacifique du volume des échanges,
du règne du Droit, de la démocratie, etc. Tout recours à la force est
proscrit. L’idéalisme néolibéral, on l’a aussi souligné, est d’une autre
substance. Certes, on est d’accord pour dire que la paix mondiale progressera au
rythme de la conservation et de la diffusion des valeurs libérales, mais on
tient aussi pour acquis que ces valeurs auxquelles on adhère, pour survivre,
doivent être défendues par la force armée (mais pas imposées,
comme l’enseignent les «néoconservateurs» aujourd’hui et comme le prêchaient
leurs ancêtres, les «cold warriors» - cf. Waltz, note 54).
Or,
l’idéalisme classique, suppôt traditionnel par excellence de l’abstentionnisme,
est remarquablement absent dans le champ de la théorie des relations
internationales aux États-Unis durant les années 90, où s’est reconstruit
l’objet de l’engagement militaire
mondial.
Un bel exemple de ceci se
trouve dans les débats sur la «démocratie» et les «institutions internationales»
comme facteurs agissants ou non de la paix mondiale. Les interlocuteurs de
Mearsheimer et de Layne sont, dans ce cas-ci, des néolibéraux (cf. note 61). Les
néolibéraux ne sont pas qualifiés d’«idéalistes» ici parce qu’ils postulent,
comme leurs demi-frères classiques, que la fin de l’institution militaire est le
meilleur garant de l’avènement de la paix libérale (mondiale) : ils portent le
label à cause de leur croyance selon laquelle la paix est fonction du degré de
progression du libéralisme dans un monde hostile. La nuance est de taille : ces
idéalistes-là ne disent pas, n’ont jamais dit, que les valeurs auxquelles ils
adhèrent se maintiendraient via un quelconque ascendant moral qu’elles
exerceraient d’elles-mêmes, «naturellement» pour ainsi dire. Un exemple type de
ceci se trouve dans l’œuvre de Bruce Russett, adversaire privilégié des
réalistes Layne et Mearsheimer dans le débat inter-paradigmatique cité plus
haut. À la faveur de Grasping the democratic Peace (op. cit.),
Russett exprime bien le présupposé néolibéral selon lequel la «paix
démocratique» n’est pas le fruit d’une évolution pacifique (ou «naturelle» -
comme le soutient le classicisme), mais bien d’une lutte militaire historique.
La démocratie version Russett garde la main sur le «sabre» en permanence et
n’hésite pas à dégainer quand elle se croit menacée.
Tous les «libéraux» croisés jusqu’ici, on l’aura remarqué, sont très sensibles à
cette question: ils admettent que la paix est garante du maintien et de la
progression de certaines valeurs, d’où ce credo «les démocraties ne se font pas
la guerre» - l’idéalisme qui leur est prêté est à ce niveau -, mais ils tiennent
aussi pour vraie la proposition selon laquelle ces valeurs doivent, pour vivre
et croître, pouvoir bénéficier d’une «couverture militaire». Et les États-Unis,
via l’engagement mondial, sont les mieux placés, à leurs yeux, pour assurer
cette protection des armes (l’un des plus récents et des plus purs spécimens de
cette manière de concevoir est le «Transnational Liberalism and US Primacy», de
John Owen IV).
Par conséquent, en laissant aux seuls néolibéraux le soin de parler au nom de
l’«idéalisme» libéral dans les délibérations en théorie des relations
internationales aux Etats-Unis durant les années 90, les partisans de la version
«classique» de cette persuasion ont paisiblement laissé leurs adversaires
politiques interventionnistes se reconstituer.
2 - La seule manifestation articulée et assumée
d’abstentionnisme en théorie des relations internationales aux États-Unis durant
les années 90, selon nos recherches, est le fait du «réaliste» Christopher Layne.
Dans «The unipolar Illusion: why new great Powers will rise», Layne s’en prend
de front au groupe sans cesse augmenté des décideurs et des théoriciens
admettant le postulat de la «stabilité» de l’«unipolarité» américaine (ie :
favorables au maintien du réseau des bases dans son intégrité).
Bardé de prémisses waltziennes rigides, Layne scrute l’Histoire et y voit que
les puissances hégémoniques suscitent «toujours» l’hostilité et sont «toujours»
déboulonnées par des coalitions d’intérêts menacées par elles («balancing»). Le
sort de l’hégémonie américaine, à ses yeux, ne peut donc être différent de celui
des autres hégémonies historiques.
Cela lui permet de déduire, dans «From Preponderance to Offshore balancing:
America’s future Grand Strategy», que, pour éviter sa chute, l’Amérique doit
évacuer l’Eurasie et y laisser les puissances locales s’épuiser d’elles-mêmes au
jeu des poids et contrepoids.
Le cas du «why new great Powers will rise» est
très intéressant selon nous, dans la mesure où il montre jusqu’à quel point la
stratégie abstentionniste proprement dite est introuvable dans la théorie des
relations internationales aux États-Unis durant les années 90. Layne,
soutenu par Mearsheimer en d’autres combats (contre l’«idéalisme» - néolibéral,
cf. note 61), ne semble l’être par personne sur ce point spécifique. Au
contraire, les postulats qu’il y met de l’avant sont battus en brèche tant sur
les fronts infra qu’inter-paradigmatiques. Fondamentalement, l’opposition
à Layne se structure sur les prémisses suivantes : les Eurasiens ne feront
jamais contrepoids aux États-Unis, car ils savent pertinemment que le départ des
GI ferait resurgir les cauchemardesques anciennes querelles, ce qu’ils ne
veulent en aucun cas : ils feront donc tout ce qu’il faudra pour accommoder la
présence militaire américaine. En d’autres termes, les Eurasiens ne sont pas
hostiles à l’hégémonie américaine, ils en sont les plus chauds partisans : dans
ces conditions, pourquoi partir ? Ce langage est articulé de trois manières,
selon qu’on adhère au réalisme, au néolibéralisme ou au
constructivisme. Prenons-en la mesure.
* Aux présupposés du réalisme «offensif» de Layne,
Michael Mastanduno oppose ceux du réalisme «défensif».
Puisés à la même source, Theory of international Politics (Waltz), mais
engendrés par une autre interprétation du chef-d’oeuvre, les postulats du
réalisme défensif veulent que les États ne fassent pas «automatiquement»
contrepoids au «plus fort», mais si, et seulement si, ils perçoivent une
menace. La notion de perception devient donc ici centrale. Or, selon
Mastanduno, les États-Unis sont certes de féroces compétiteurs économiques (ils
pratiquent le «economic hardball», p. 51), mais leur puissance militaire,
à la différence des hégémons du passé, n’est pas orientée vers la
conquête, mais bien plutôt vers la préservation de l’intégrité territoriale des
États. Les autres États, en retour, ne prennent donc nullement ombrage de
l’Hégémon, bien au contraire: la puissance américaine a un effet sécurisant, car
elle protège des ambitions de voisins immédiats qui, elles, n’inspirent souvent
pas confiance. Dans cette optique, un examen du comportement des États, même
ceux habituellement vus comme viscéralement réfractaires à la puissance
américaine, amène le stratégiste à conclure que ceux-ci désirent
fondamentalement l’hégémonie américaine, car leur propre sécurité en dépendrait
: «Neither China, nor Japan, despite having some differences with the US, has
sought to organize a balancing coalition against it. Indeed,
a main security concern for many countries in Europe and Asia is not how to
distance itself from an all-too-powerfull United States, but how to
prevent it from drifting away» (p. 58, nous soulignons). Il y
voit la raison de la stabilité de l’unipolarité systémique contemporaine et peut
conclure que l’Histoire, dans ce cas-ci, ne se répétera pas.
Dans le sillage de Mastanduno, William Wolhforth
admet que jamais puissance n’a été aussi prépondérante du point de vue des
indicateurs classiques que les États-Unis de l’après-guerre froide.
Par contre, il en déduit aussi de même que le colosse sert en fait les intérêts
des autres États. En effet, la pax americana, selon l’auteur, minimise
deux aspects du dilemme classique de la sécurité, c’est-à-dire la course aux
armements et la compétition pour le prestige. Les États épargnent donc ainsi des
sommes fabuleuses.
Bien des stratégistes d’obédience réaliste (en
général mais pas toujours) et à la fois spécialistes des questions orientales se
sont aussi penchés sur le problème des intentions militaires de la Chine, un
pays souvent cité en exemple pour démontrer l’«hostilité» à l’hégémonie
américaine. Il ne s’agissait pas, ici, du débat prospectiviste sur la question
de savoir si la Chine pouvait devenir, dans un futur plus ou moins déterminé
(10, 20 30 ou même 50 ans), un adversaire capable de se mesurer aux États-Unis
sur le plan des indicateurs classiques (Peer competitor), mais bien de
recherches terrain dont l’objectif était de mettre au jour l’état
d’esprit immédiat au sein de l’appareil militaire han.
Le résultat des recherches, produit de nombre d’interviews menées à tous les
niveaux de la structure organisationnelle de l’Armée et du Parti, fut éloquent :
si l’Amérique, par la masse seule de ses moyens, imposait le respect, c’est
le Japon qui inspirait le moins de confiance aux stratèges pékinois, un
sentiment exprimé parfois souvent dans des termes haineux.
Par exemple, l’enquête menée
par les très (néo)conservateurs - c’est-à-dire très peu réalistes - (et très
fervents adeptes, comme leurs semblables, de la théorie du «péril chinois»)
Richard Bernstein et Ross Munro accoucha de ceci: «The Chinese we have
interviewed in 1996 made clear to us that China’s long-range goal is to urge
other countries, including the United States, to join in a formal treaty that
would ostensibly be aimed at ensuring Japanese security in perpetuity,
but would also actually build a permanent barrier to its ever returning
to the fold of “normal” nations».
En 1997, Banning Garrett et Bonnie Glasser affirmaient que les
appréhensions chinoises face aux «resserrements» des liens sécuritaires entre
les États-Unis et le Japon (dans la foulée de la crise taiwannaise de 1995-6 -
et de la Nye Initiative), venaient de leur crainte que les nouveaux
arrangements ne laissassent trop de latitude au Japon sur le plan
militaire: «The Chinese thus fear that the US-Japan alliance will no longer
be a force containing Japan as it has been in the past».
En 1999, Thomas Christensen résumait en ces termes ses
discussions avec des stratégistes continentaux : «Although Chinese analysts
presently fear US power much more than Japanese power, in terms of national
intentions, Chinese analysts view Japan with much less trust and, in many
cases, with a loathing rarely found in their attitudes about the United
States».
L’année suivante, les entretiens menés par David Shambaugh allaient dans le même
sens: «In conversations with PLA personnel, Americans are regularly subjected to
a view that the United States is naive to consider Japan as an ally or a
partner, and they counsel the United States to be wary of Japanese intentions
and military modernization, one leading specialist at the National Defense
University’s Institute of Strategic Studies argues that instead of cooperating
with Japan, the United States should join forces with China “to keep Japan
down”».
Citons, pour conclure sur ce survol spécifique, la perception chinoise telle que
rendue par Thomas Christensen vis-à-vis du très controversé projet américain de
défenses antimissiles : «In 1998, Chinese analysts consistently pointed
out that the US-Japan coproduction of TMD carries a fundamentally
different and more provocative meaning for China than if
the United States produced such a system without Japanese
help» (op. cit., p. 75, nous soulignons).
D’autres experts remarquent aussi que les
soubresauts historiques caractéristiques des relations sino-américaines n’ont
jamais empêché la poursuite d’une coopération aussi discrète que subtile et
soutenue entre les deux puissances sur le plan stratégique. Thomas Christensen,
par exemple, dans Useful Adversaries: Grand Strategy, domestic Mobilization,
and sino-american Conflict: 1947-58, argue que l’hostilité du début de la
Guerre froide pourrait en fait avoir servi les deux partis, en ce sens qu’elle
aurait, selon lui, permis aux gouvernants de «fouetter» leur population
respective dans le sens de la réalisation de leur agenda politique particulier:
lutte contre le «communisme» (en fait l’URSS) à Washington ; «modernisation» à
marche forcée à Pékin.
Autre exemple, James Mann observe que dans la foulée des 210 milliards de
dollars de ventes d’armes américaines à Pékin entre 1985 et 1989, les deux États
ont gardé des contacts militaires ponctuels de haut niveau, et ce en dépit de la
brève interruption de ces échanges dans l’après-Tianenmen immédiat.
* Une autre série de points de vue opposés à la
thèse de Layne, selon laquelle la planète allait «inévitablement» se coaliser
contre les États-Unis advenant la poursuite de l’engagement militaire mondial
(ou qu’un hégémon hostile surgirait «tôt ou tard»), vient du paradigme
néolibéral. John Ikenberry (sous-paradigme : libéralisme «structurant»),
par exemple, dans «The Myth of Post-Cold War Chaos», écrit que l’avènement des
États-Unis comme superpuissance a engendré rien de moins qu’un
«constitutionalisme» international, c’est-à-dire un arrangement où tous les
partis consentent à se soumettre à certaines règles.
Ce constitutionnalisme très particulier se structure graduellement après le
Second conflit mondial d’après trois principes. Le premier, d’ordre économique,
implique que les États adoptent l’économie de marché et le libre échange. Le
deuxième, d’ordre diplomatique, prescrit que des représentants des nations
soient assemblés en permanence en un seul endroit pour discuter du problème des
rapports communs. Le troisième, d’ordre militaire, demande à l’Amérique de
prendre en charge la Défense de certains États. Ce constitutionnalisme est
fonction de grandes institutions, GATT (OMC) pour l’économie, ONU pour la
diplomatie, OTAN, traités de sécurité avec le Japon et la Corée du Sud, etc.,
pour le militaire, où les États, Amérique comprise, acceptent de rogner un peu
les ailes de leur souveraineté dans le but de régler les litiges via la
négociation (recherche des gains absolus). Or, selon Ikenberry, le déploiement
militaire mondial ne constitue en rien une «menace» pour les autres États, car
il serait parti intrinsèque de cet arrangement «constitutionnel», garant
effectif de la paix mondiale à ses yeux.
Un autre exemple d’opposition au scénario de
Layne est la théorie de l’«empire bienveillant», dont la paternité est
habituellement attribuée à l’idéologie «néoconservatrice», mais qui est en fait,
en rapport avec les prémisses de lecture des relations internationales qui la
sous-tendent, assise sur un modèle hybride incluant pêle-mêle certains éléments
du néolibéralisme et du réalisme (usage conjoint des théories des «arcs de
crises» et de la dichotomie «centre périphérie d’une part, et du «désordre
universel d’autre part). Dans «The benevolent Empire», Robert Kagan concède - à
l’instar de Huntington (cf. note 104) - qu’un sentiment antiaméricain tenace
fermente en temps normal dans bien des capitales de la planète.
Mais il relève par contre qu’à la minute où les États-Unis - comme durant
l’affaire Lewinsky par exemple - se détournent un tant soit peu des affaires
internationales, une atmosphère baignée d’angoisse semble irrésistiblement
envahir et glacer ces mêmes milieux. On implore donc, au bout d’un certain
temps, pétrifié d’anxiété et couvert de sueurs froides, le retour du gentil
géant.
Aussi, dans «Toward a neo-reganite foreign Policy»,
ce même Kagan et William Kristol jugent inconcevable le scénario d’une alliance
militaire antiaméricaine. Ils y développent plutôt le très clintonien thème de
la «nation indispensable».
* Le pronostic de l’avènement prochain d’un
contrepoids à la puissance militaire des États-Unis est aussi battu en brèche
par des travaux d’inspiration constructiviste. Un exemple en est
le «Japan’s national Security: Structures Norms and Policies», de Peter
Katsenstein et Noburo Okawara.
Dans ce texte, les auteurs se concentrent sur des variables internes et
écrivent en substance que le maintien du réseau des bases recueille une masse
critique d’appuis au Japon. Ce sentiment se serait en quelque sorte
«incrusté» dans la culture nippone depuis le Second conflit mondial et
transcenderait depuis les bouleversements «structurels» historiques. Rien ne
permet donc de croire, selon les auteurs, que l’effondrement de l’URSS a eu un
impact significatif sur cet état d’esprit collectif: «The domestic structures
and norms that shape Japan’s security policy suggest at the end of the Cold War
a simultaneous choice of a growing economic involvement with Asia on the one
hand, and a continued, close, if altered security relationship with the United
States on the other» (p. 118) - c’est, grosso modo, la ligne de conduite
que l’interventionnisme de l’après-guerre froide demande à l’État japonais
d’adopter.
Dans «From Sword to Chrysantheum: Japan’s Culture
of Anti-Militarism», Thomas U. Berger argue que la présence des GI au Japon a
pour conséquence la prépondérance d’une culture «antimilitariste» dans
l’archipel.
Selon l’auteur, c’est plutôt le départ des GI qui risquerait de provoquer
l’avènement d’un militarisme agressif dangereux pour la région et, de ce fait,
pour l’Amérique. En d’autres termes, il se dégage de cette étude que les
Japonais sont tout à fait conscients des enjeux et donnent dans leur ensemble un
appui tacite au maintien du réseau des bases dans leur pays.
Le «Norms, Identity and national Security in
Germany and Japan», écrit par ce même Berger, tend pareillement à «démontrer»
que les Allemands de l’après-URSS sont tout à fait à l’aise avec l’idée
de la poursuite de l’engagement militaire américain sur leur sol.