Plan du développement
Le développement sera divisé comme suit.
Il sera nécessaire, dans un premier chapitre,
de rappeler les grandes lignes de la structuration historique du déploiement
militaire mondial américain avant la chute du communisme, tant sur les
plans événementiel qu’intellectuel. Des épisodes déterminants tels les Premier
et Second conflits mondiaux devront certes obligatoirement êtres abordés ; mais
l’objectif principal de ce chapitre sera d’introduire le grand débat stratégique
entre abstentionnisme et interventionnisme d’une part, et
d’illustrer comment la théorie des relations internationales, dans l’après-communisme,
succède la géopolitique traditionnelle comme terreau intellectuel de la
réflexion portant sur le réseau des bases à l’étranger, d’autre part.
Le second chapitre, où débutera l’examen
des sources de première main (c’est-à-dire où commencera la «démonstration»),
couvrira la période allant de l’effondrement de l’URSS au 11 septembre 2001 et
sera divisé en deux parties. Premièrement, on verra comment bon nombre
d’initiés à la chose militaire, par-delà la lutte qu’ils se livrent sur le front
«paradigmatique» (la paix démocratique, le rôle des institutions
internationales, l’uni ou la multipolarité de la «structure», qu’est-ce qu’un
«pôle» ? comment se mesure la «puissance» ? le «positivisme» est-il dépassé ?
etc), s’accordent pour dire que, même en l’absence de l’URSS, l’évacuation des
bases américaines à l’étranger provoquerait un désordre militaire d’une
amplitude «inimaginable». Il sera illustré comment libéraux, réalistes et
théoriciens critiques conceptualisent différemment ce chaos appréhendé («l’arc
de crises» versus le «désordre universel»). Deuxièmement, on
scrutera plus particulièrement des études consacrées à l’Europe, à l’Asie et à
la planète dans son ensemble, et on montrera comment ces stratégistes, toutes
affiliations paradigmatiques confondues, ne conçoivent en fin de compte l’état
de paix qu’en fonction de la persistance du déploiement militaire mondial.
Le troisième chapitre couvrira aussi la
période 1992-2001 et sera divisé en trois segments. Premièrement, on
verra comment les décideurs des diverses allégeances politiques et la nation
elle-même ont entériné la lecture interventionniste. Deuxièmement, on
notera comment l’objection intellectuelle majeure des adversaires de
l’engagement militaire global fut relevée systématiquement sur tous les fronts
méthodologiques. Il sera essentiellement fait état de la variété des ripostes à
l’argument selon lequel les États s’unissent «automatiquement» contre le plus
fort («balancing»). En substance, on verra comment il fut soutenu que les
Eurasiens ne conçoivent pas leur avenir sans la présence militaire américaine :
elle fait maintenant partie de leurs mœurs (constructivisme) ; ce sont eux qui
la souhaitent le plus ardemment (réalisme, libéralisme). Troisièmement,
on donnera un aperçu du débat tel qu’il pouvait être observé au 11 septembre
2001.
En conclusion, on fera un bilan.
Comme on a pu le constater, les titres des revues
spécialisées sont d’abord donnés en entier, puis en abréviation. On se permet de
rappeler ici les principales : Foreign Affairs (FA) ; International Security
(IS) ; International Organization (IO) ; et Foreign Policy (FP).